jeudi 27 février 2014

On ne naît pas citoyen

« Toute société qui n’est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans » – Condorcet.


La démocratie est une construction politique permanente qui se confronte aux évolutions sociales. Même dans une démocratie, on ne naît pas citoyen, on le devient par éducation et par pratique ; pour éclairer les idées, pour permettre à chacun de se déterminer. Il n’y a pas d’autres méthodes que la diffusion des connaissances et le débat, la délibération des citoyens dans le respect absolu des consciences , ce que la laïcité induit. 


Toi, futur citoyen, tu découvres comment vivre avec les autres. Et les adultes continuent cet apprentissage tout au long de leur vie. De la cour d’école au Parlement, chacun approfondit son sens de la liberté, du respect d’autrui et de la solidarité... ou devrait le faire. Dans ce livre, tu vas découvrir les bases de ta démocratie et le fonctionnement de la République. Tu vas comprendre qui gouverne et qui fait les lois. Tu peux déjà agir avec tes autres, t’engager avant même d’être majeur, réaliser que nous avons tous des droits et des devoirs ! Etre citoyen, demain, à l’horizon du monde : un projet fraternel et optimiste pour les jeunes d’aujourd’hui.

samedi 2 novembre 2013

le canular de BORONALI (1880-1910)


Lolo, un âne Gabinien, est devenu célèbre grâce à l’un des canulars de l’histoire de l’Art, orchestré en 1910 par Roland Dorgelès, ancien élève des  Beaux-Arts.  Adversaires de la peinture moderne il  désire faire un pied de nez aux moralisateurs et critiques de la peinture non académique.

Roland Dorgelès expose au salon des indépendants une toile titrée «  "Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique" »  titre noté par l'huissier dicté par Roland Dorgelès ( Réf Bouquet de Bohème) peinte par un peintre italien, jusqu’alors inconnu, Joachim-Raphael Boronali, par ailleurs théoricien d’un mouvement artistique « L'excessivisme » 
© Espace culturel Paul Bédu,  Milly-la-Forêt (Essonne) Donation Paul Bédu 1990

En réalité ce manifeste a été écrit par Roland Dorgelès et l’auteur du tableau est Lolo l’âne de Frédéric Gérard dit « Frédé », patron de Lapin Agile.
Les complices, André Warnod (journaliste au Comoedia et critique d’art), Jean Aubry (secrétaire du journal Fantasio), Pierre Girieud, (peintre montmartrois)  et Charles Genty (dessinateur humoristique) ont convaincu  Frédé de leur prêter son âne nommé «Lolo ». Pour cette mystification, ils attachèrent un pinceau à la queue de l’âne  et le trempèrent  alternativement dans différents pots de peinture. Lolo n’eut plus alors qu’à en barbouiller une toile placée près de sa croupe pendant que Frédé lui offrait des gâteries, carottes et même des feuilles de tabac, pour accélérer le mouvement caudal....

 Cette séance de peinture eut lieu devant le cabaret du Lapin Agile, sous le contrôle d’un huissier, On  s’exclamait des moindres coups de queue d’Aliboron. Une fois l’âne fatigué de cet exercice, le tableau fut signé J-H Boronali, anagramme d’Aliboron (l’âne des fables de la Fontaine).
Boronali peignant le tableau 


Voir l’Illustration 2 avril 1910  page 327

Ce canular  a fait beaucoup de bruit à l’époque, mais qui sait que Lolo, avant d’être artiste malgré lui,  a pendant de longues années, tiré la carriole  de Louise sage-femme à Gagny,  pour se rendre chez les femmes prêtes à accoucher  ou pour aller au lavoir, laver le linge.
En effet, trente ans plus tôt, après la mort de son mari,  Louise Gérard née Moissié, vient s’installer à Gagny, avec son fils ainé, Frédéric,  né à Athis Mons le 24 décembre 1860. Ils s'installèrent 7 rue Raffin, dans le bâtiment qui est actuellement une boulangerie à l’angle de la rue Jean  Jaurès (anciennement rue de Villemomble) et la rue Raffin. Sur la façade côté rue Raffin, une  grande fresque était peinte expliquant la création du monde : une ribambelle de bébés joufflus sortant d’une plate-bande de choux. Frédéric l’avait peinte pour rappeler le métier de sa mère.
Autoportrait de Frédéric GERARD
Après des études à l’école des arts, décoratifs,  il créait des motifs pour la fabrication de papier peint.

















autoportarit

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Lorsqu’il accompagnait sa mère au lavoir, il suivait du regard une belle jeune fille de 17ans , au déhanché, qui ne le laissait pas indifférent, lorsque revenant du lavoir, elle remontait la rue de Neuilly en poussant la brouette sur laquelle s’entassaient les paniers de linge.

Pauline Gacogne
Il finit par aborder Pauline, fille Gacogne, vieille famille d’agriculteurs de Gagny. leur mariage eut lieu le 2 juin 1883 à la mairie de Gagny


Ils vécurent à Gagny pendant trois ans et c'est là que sont nés ses deux premiers enfants , Hélène et Victor, puis ils déménagent à Villemomble pendant quelques années, es deux  fils , Fernand et Paul y naissent, avant de revenir à Gagny . 







Sa femme Pauline obtint le poste de gardienne de l’école du centre et ses garçons Victor, Marcel, Fernand, et Paul aidaient leur mère à balayer les classes, à allumer les poêles avant l’arrivée des élèves.


À la fin du siècle, Frédéric quitta son métier de dessinateur pour une vie de bohème. Lolo l’accompagna pour tirer sa charrette de marchand de quatre saisons puis de poissons. Il faisait, alors, des allers et venues entre Paris et Gagny, puis ils  furent de moins en moins nombreux.  

Ils divorcèrent en 1911, car Frédé, artiste dans l’âme, préférait la vie montmartroise et sa compagne Berthe Serbource gérante du Lapin Agile sur la butte à Pauline, qui termina sa vie à Gagny où elle est inhumée au cimetière du centre avec la mère de Frédéric.




( à suivre)

lundi 23 avril 2012

Histoire de notre école républicaine


L'école républicaine est le résultat d'une histoire qui commence à la Révolution française.
 Elle est jalonnée de contributions apportées fortes, par ceux qui en furent les acteurs ou les promoteurs : Condorcet, Jules Ferry, Jean Zay... .....Rousseau, Paul Langevin, Henri Wallon, 





Les principes de l'instruction publique selon Condorcet

Après Les Cinq Mémoires sur l’instruction publique (1791-1792), le discours présenté à l'Assemblée législative en avril 1792 contient l'essentiel de la pensée de Condorcet en matière d'enseignement. Pensée éminemment importante dans l'histoire de l'enseignement français, puisqu'elle inspiré tous les progrès éducatifs réalisés pendant le XIX° siècle, jusqu'à Jules Ferry. En voici les premiers mots.
Offrir à tous les individus de l'espèce humaine les moyens de pourvoir à leurs besoins, d'assurer leur bien-être, de connaître et d'exercer leurs droits, d'entendre et de remplir leurs devoirs ; Assurer à chacun d'eux la facilité de perfectionner son industrie, de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d'être appelé, de développer toute l'étendue des talents qu'il a reçus de la nature, et par là, établir entre les citoyens une égalité de fait, et rendre réelle l'égalité politique 
reconnue par la loi. Tel doit être le premier but d'une instruction nationale ; et, sous ce point de vue, elle est pour la puissance publique un devoir de justice. Diriger l'enseignement de manière que la perfection des arts augmente les jouissances de la généralité des citoyens et l'aisance de ceux qui les cultivent ; qu'un plus grand nombre d'hommes deviennent capables de bien remplir les fonctions nécessaires à la société, et que les progrès toujours croissants des lumières ouvrent une source inépuisable de secours dans nos besoins, de remèdes dans nos maux, de moyens de bonheur individuel et de prospérité commune ; cultiver enfin, dans chaque génération, les facultés physiques, intellectuelles et morales, et, par là, contribuer à ce perfectionnement général et graduel de l'espèce humaine, dernier but vers lequel toute institution sociale doit être dirigée : tel doit être l'objet de l'instruction ; et c'est pour la puissance publique un devoir imposé par l'intérêt commun de la société, par celui de l'humanité entière.
Mais en considérant sous ce double point de vue la tâche immense qui nous a été imposée, nous avons senti, dès nos premiers pas, qu'il existait une portion du système général de l'instruction qu'il était possible d'en détacher, sans nuire à l'ensemble, et qu'il était nécessaire d'en séparer, pour accélérer la réalisation du nouveau système : c'est la distribution et l'organisation générale des établissements d'enseignement public.
En effet, quelles que soient les opinions sur l'étendue précise de chaque degré d'instruction ; sur la manière d'enseigner ; sur le plus ou moins d'autorité conservée aux parents ou cédée aux maîtres ; sur la réunion des élèves dans des pensionnats établis par l'autorité publique ; sur les moyens d'unir à l'instruction proprement dite le développements des facultés physiques et morales, l'organisation peut être la même ; et, d'un autre côté, la nécessité de désigner les lieux d'établissements, de faire composer les livres élémentaires, longtemps avant que ces établissements puissent être mis en activité, obligeaient à préciser la décision de la loi sur cette portion du travail qui nous est confié. Nous avons pensé que, dans ce plan d'organisation générale, notre premier soin devait être de rendre, d'un côté, l'éducation aussi égale, aussi universelle ; de l'autre, aussi complète que les circonstances pouvaient le permettre, qu'il fallait donner à tous également l'instruction qu'il est possible d'étendre sur tous ; mais ne refuser à aucune portion de citoyens l'instruction plus élevée, qu'il est impossible de faire partager à la masse entière des individus ; établir l'une, parce qu'elle est utile à ceux qui la reçoivent ; et l'autre, parce qu'elle l'est à ceux même qui ne la reçoivent pas. La première condition de toute instruction étant de n'enseigner que des vérités, les établissements que la puissance publique y consacre doivent être aussi indépendants qu'il est possible de toute autorité politique ; et comme, néanmoins, cette indépendance ne peut être absolue, il résulte du même principe, qu'il faut ne les rendre dépendants que de l'Assemblée des représentants du peuple, parce que, de tous les pouvoirs, il est le moins corruptible, le plus éloigné d'être entraîné par des intérêts particuliers, le plus soumis à l'influence de l'opinion générale des hommes éclairés, et surtout parce qu'étant celui de qui émanent essentiellement tous les changements, il est dès lors le moins ennemi du progrès des lumières, le moins opposé aux améliorations que ce progrès doit amener. Nous avons observé, enfin, que l'instruction ne devait pas abandonner les individus au moment où il sortent des écoles ; qu'elle devait embrasser tous les âges ; qu'il n'y en avait aucun où il ne fût utile et possible d'apprendre, et que cette seconde instruction est d'autant plus nécessaire, que celle de l'enfance a été resserrée dans des bornes plus étroites. C'est là même une des causes de l'ignorance où les classes pauvres de la société sont aujourd'hui plongées ; la possibilité de recevoir une première instruction leur manquait encore moins que celle d'en conserver les avantages.
Nous n'avons pas voulu qu'un seul homme dans l'Empire pût dire désormais : la loi m'assurait une entière égalité de droits, mais on me refuse les moyens de les connaître. Je ne dois dépendre que de la loi, mais mon ignorance me rend dépendant de tout ce qui m'entoure. On m'a bien appris dans mon enfance que j'avais besoin de savoir ; mais forcé de travailler pour vivre, ces premières notions se sont bientôt effacées ; et il ne m'en reste que la douleur de sentir, dans mon ignorance, non la volonté de la nature, mais l'injustice de la société.
Nous avons cru que la puissance publique devait dire aux citoyens pauvres : la fortune de vos parents n'a pu vous procurer que les connaissances les plus indispensables ; mais on vous assure des moyens faciles de les conserver et de les étendre. Si la nature vous a donné des talents, vous pouvez les développer, et ils ne seront perdus ni pour vous, ni pour la patrie.
Ainsi, l'instruction doit être universelle, c'est à dire s'étendre à tous les citoyens. Elle doit être répartie avec toute l'égalité que permettent les limites nécessaires de la dépense, la distribution des hommes sur le territoire, et le temps, plus ou moins long, que les enfants peuvent y consacrer. Elle doit, dans ses divers degrés, embrasser le système tout entier des connaissances humaines, et assurer aux hommes, dans tous les âges de la vie, la facilité de conserver leurs connaissances et d'en acquérir de nouvelles.
Enfin, aucun pouvoir public ne doit avoir l'autorité ni même le crédit, d'empêcher le développement des vérités nouvelles, l'enseignement des théories contraires à sa politique particulière ou à ses intérêts momentanés. Tels ont été les principes qui nous ont guidés dans notre travail.

Rapport et projet de décret relatifs à l'organisation générale de l'instruction publique
Assemblée législative, avril 1792.



lundi 20 février 2012

LA SAGA DES GERARD ( 1940-1948)

En vue d'une exposition à la bibliothèque de Gagny, en 2008,  fille aînée de Gilbert Gérard j'ai demandé ma mère, de rechercher dans les papiers familiaux des témoignages de la seconde guerre mondiale.
Elle a retrouvé un vieux portefeuille contenant des feuillets manuscrits, jaunis de Gilbert, relatant les évènements retranscris ci-après, son livret militaire ainsi que quelques documents reproduits dont certains illustrent son épopée.


Avoir  20 ans en 1939