FERNAND GÉRARD
Maroquinier Parisien
(1893 - 1970)
Une
vie entre artisanat et Histoire
Introduction
L'histoire de Fernand Gérard ,
mon grand-père est celle d'un artisan parisien qui a traversé les
bouleversements du XXe siècle.
Né en 1891, il fit ses classes
primaires dans l’école du centre de Gagny où sa mère était gardienne de
l’école, Son père Frédé l’ayant abandonné pour vivre une vie de bohème au Lapin
Agile à Montmartre.
Recensement de 1896 à l’école
du centre 1 rue de Villemomble
. Il obtint son certificat
d’étude en 1901 et bien que n’ayant que 10 ans il est dispensé du temps de
scolarité obligatoire qui lui reste à passer. » et devient apprenti dès le
« certif » en poche,
de 1901à 1906 les recensements
nous apprennent qu’il est apprenti chez Frapech , menuisier à Gagny
Son activité était typique des maisons artisanales parisiennes de
maroquinerie de l’époque : avec la
fabriation de sacs, articles en cuir et petite maroquinerie qui travaillait
souvent pour une clientèle bourgeoise ou des commerces parisiens,
parfois sans grande notoriété publique durable.
Il crée son atelier installé
dans le quartier historique du faubourg Saint-Martin, puis témoin de la Seconde
Guerre mondiale – son parcours reflète celui de toute une génération qui a
connu à la fois la Belle Époque et les deux guerres mondiales.
À travers les photographies,
documents militaires et objets qu'il a créés, j’ai pu retracer non seulement
une vie, mais aussi l'évolution d'un métier et d'une époque.
1. L'apprentissage du métier (vers 1900-1911)
Le métier de maroquinier au tournant du siècle
Au début du XXe
siècle, la maroquinerie connaît son véritable essor en tant qu'industrie à part
entière. Le terme lui-même n'apparaît que vers 1835 avec la création du
portefeuille. Avant cette période, la maroquinerie était surtout un complément
de l'industrie du cuir, offrant de petits accessoires.
C'est à la fin du XIXe siècle
que le métier se structure vraiment. Les grandes maisons de luxe comme Hermès
(fondée en 1837), Louis Vuitton et Lancel voient le jour durant cette période.
Le premier fabricant français d'objets de maroquinerie serait Simon Schloss,
qui tenait une manufacture parisienne spécialisée dans les petits accessoires :
porte-cigarettes, pochettes et porte-monnaie.
L'apprentissage de Fernand
Comme le montre la photographie de groupe,
Fernand fait son apprentissage dans un atelier parisien typique de l'époque.
Sur cette photo, on distingue le patron, les ouvriers qualifiés et les
apprentis, dont Fernand, debout avec sa blouse au second rang.
Cette image capture un moment
de camaraderie dans le dur labeur quotidien de l'atelier.
L'apprentissage durait
généralement 2 à 4 ans selon la complexité du métier. Les jeunes apprentis
apprenaient :
• Le travail des différents cuirs (maroquin – peau de chèvre
tannée, cuir de veau, de bœuf)
• Les techniques de coupe et de
couture
• La fabrication de sacs,
portefeuilles, ceintures, articles de voyage
• Les finitions et le travail
des détails qui faisaient la différence entre un article ordinaire et un objet
de luxe
À cette époque, contrairement à
aujourd'hui, il n'y avait pas de diplôme obligatoire ni de CAP (qui
n'existait pas encore). Le savoir-faire comptait plus que le papier.
L'apprentissage se faisait « sur le tas », par transmission directe du maître à
l'apprenti.
2. Sept ans sous les drapeaux (1911-1918)
Une génération sacrifiée
Les jeunes hommes de la photo d'apprentissage, pleins de vie et d'avenir, ne savaient pas encore ce qui les attendait. Comme des millions de Français de leur génération, ils allaient connaître près de sept ans d'interruption de leur vie civile :
• Le service militaire obligatoire (2 à 3 ans à
l'époque)
• La Première Guerre
mondiale (1914-1918, soit 4 années de guerre)
Pour Fernand, cela signifiait
l'interruption de son apprentissage et le report de son installation comme
artisan indépendant. Pour beaucoup de ses camarades de la photo, cela
signifiait ne jamais revenir.
Le parcours militaire de Fernand
Nommé caporal infirmier en 1916
Fernand est assis sur le banc , le troisième à partir de
la droite , on voit qu’il est bien chevelu.
Fernand effectue son service
militaire de 1911 à 1913. Lorsque la guerre éclate en août 1914, il est rappelé
comme tous les réservistes. Le registre matricule indique qu'il « arrive au
corps le 4 octobre 1914 et immatriculé sous le numéro congé d'illimité de
démobilisation d'échelon le 28 juillet 1919 par le dépôt démobilisateur du 2e
groupe d'artillerie à Paris ».
Affecté dans la réserve au
146e Régiment d'Infanterie
Le document précise qu'il a été
« réformé temporairement par proposition pour une pension, invalidité
inférieure à 30% par la 1re commission de réforme de la Seine du 1er septembre
1921 pour artériose du genou gauche, suite de traumatisme dans un match de
foot-ball, pendant son séjour au front. Mise en sursis d'une affection
pulmonaire. Examen des crachats négatifs ».
Blessé en 1918
Les certificats médicaux attestent d'une blessure contractée en 1918. On peut voir sur les photos de guerre Fernand en uniforme, d'abord au sein d'un groupe de soldats en 1915 (probablement dans un hôpital ou centre de convalescence, comme l'indiquent les brassards de la Croix-Rouge), puis seul en 1918.
Le document
indique également : « Classé service armé et non proposé pour une pension
d'invalidité inférieure à 10% par la 1re commission de réforme de la Seine du
11 novembre 1920 pour infirmité de l'articulation du genou gauche. Pas
d'atrophie de la cuisse. Admis dans la réserve au 146e régiment d'infanterie
affecté au dépôt du 146e Régiment d'Infanterie. »
il a alors rejoint ces hommes
dont la mission n’était pas de combattre, mais de porter secours.
Intégré pleinement au régiment, il partage les mêmes conditions de vie que les
fantassins : les tranchées, le froid, la fatigue, l’attente et le danger
constant.
Son rôle l’amène au plus près des
combats. Infirmier ou brancardier, il prodigue les premiers soins, arrête les
hémorragies, accompagne les blessés vers les postes de secours, souvent sous le
feu ennemi. Il est témoin direct des souffrances et des pertes de ses
camarades, affrontant chaque jour une charge physique et morale considérable.
Démobilisé en 1919 soit 7 ans sous les drapeaux
Croix de guerre étoile de bronze
Le 146ᵉ RI, régiment d’infanterie de ligne, a
combattu sur plusieurs fronts majeurs (Artois, Champagne, Verdun, Somme…).
L’infirmier n’était pas à l’arrière : il vivait au même rythme que
les fantassins, souvent à quelques mètres du combat.
Son quotidien ,
Le matin il est réveillé très tôt, souvent dans
une tranchée, un abri creusé dans la terre ou une grange détruite, il Inspecte
rapide les hommes, pour surveiller : plaies
mal cicatrisées, pieds gelés ou infectés (pied de tranchée) fièvres, diarrhées,
épuisement
o
Il
administre les soins ; arrête
les hémorragies, pose des pansements d’urgence, immobilise des fractures
avec des moyens improvisés ; administre de la morphine quand il en a et rassure
les blessés son rôle humain est essentiel
o
Il
travaille sans anesthésie, souvent dans la boue, et dans l’obscurité
o
Puis il nettoyage sommaire des instruments
(quand il y avait de l’eau), mais constate qu’il manque presque toujours des pansements,
du désinfectant et surtout de la morphine
Lorsqu’il revient de la guerre,
Fernand Gérard n’est plus tout à fait le même homme. Il est revenu chauve,
transformation visible parmi tant d’autres, plus silencieuses, que la guerre
impose à ceux qui y ont survécu. C’est sans doute pour cette raison qu’il est
resté, dans le souvenir familial, presque toujours coiffé d’un béret,
devenu une part de son image et de sa présence.
Aujourd’hui, le souvenir de
Fernand Gérard demeure dans ces détails transmis de génération en génération :
une chevelure bouclée avant le départ, un béret après le retour. Autant de
signes discrets d’une vie traversée par l’Histoire.
Décoration
Se reconstruire : mariage en temps de guerre
Malgré la guerre qui fait rage,
Fernand épouse Suzanne Hubert le 21 octobre 1916. Ce mariage en pleine
guerre témoigne d'une volonté de vivre et de construire malgré l'horreur du
conflit.
Le couple aura trois enfants :
• Lucienne (1917-1963) – née pendant la guerre, alors
que Fernand est encore au front
• Gilbert (1919-1994) –
né juste après l'armistice
• Jocelyne (1932-) – née
bien après, toujours en vie aujourd'hui
3. L'installation comme artisan (années 1920)
Le retour à la vie civile
Après la démobilisation en
1919, Fernand doit reconstruire sa vie. Comme beaucoup d'anciens combattants,
il reprend son métier d'avant-guerre. Mais il a perdu sept années précieuses –
sept années pendant lesquelles il aurait pu se perfectionner, économiser, se
constituer une clientèle.
Il a aussi une famille à
nourrir : Suzanne, Lucienne (2 ans) et le petit Gilbert (nouveau-né). L'urgence
est de gagner sa vie.
Le faubourg Saint-Martin : quartier des artisans du cuir
Fernand choisit de s'installer
dans le faubourg Saint-Martin, 10e arrondissement de Paris. Ce n'est pas
un hasard : c'est LE quartier historique des artisans du cuir et de la
maroquinerie.
Un territoire artisanal
depuis le Moyen Âge
Dès le Moyen Âge, ces faubourgs
étaient habités par des artisans et commerçants. Au XIXe siècle, le faubourg
Saint-Martin était un territoire en plein essor avec le développement de
l'industrie et de l'artisanat. Le quartier se spécialise dans la fabrication de
« l'article de Paris » qui cherche à mettre le luxe à portée de tous.
Une concentration d'artisans
du cuir
Le boulevard de Strasbourg et
le secteur comptaient de nombreux fourreurs et artisans du cuir jusqu'aux
années 1960. Toute une communauté professionnelle se côtoyait. Dans les cours
et ateliers du quartier, on trouvait des grossistes en cuir comme Chadefaux
installé rue Taylor en 1921, spécialisé dans la vente de peaux de moutons et
chèvres puis de cuir de vache pour l'artisanat.
Fernand avait donc ses
fournisseurs à deux pas de son atelier !
Un quartier accessible pour
un jeune artisan
Ce n'était pas un quartier
bourgeois cher, mais un quartier ouvrier et commerçant. C'était abordable pour
un jeune artisan qui démarrait avec un capital limité. Comme le disait un
témoin de l'époque : « C'était un village avec ses grossistes, imprimeurs,
maroquiniers, garages... On se connaissait tous. »
Une rue commerçante
animée
La rue du Faubourg Saint-Martin
est une rue commerçante animée de près de 2 kilomètres reliant le Canal
Saint-Martin à la Gare de l'Est. Beaucoup de passage signifiait beaucoup de
clients potentiels pour un artisan maroquinier.
Les deux adresses professionnelles de Fernand
93 faubourg Saint-Martin
→ Son premier atelier
138 faubourg Saint-Martin
→ Son deuxième atelier (plus au nord, vers la Gare de l'Est)
Le fait qu'il ait déménagé du
n°93 au n°138 suggère probablement une réussite professionnelle : besoin d'un
plus grand atelier, ou d'un meilleur emplacement commercial. Le 138 avait
l'avantage particulier d'offrir deux espaces distincts : le 5e étage servait
d'atelier, tandis qu'un autre étage servait de logement familial. C’est à cette
époque qu’il quitte Gagny
Cette séparation entre atelier
et logement était un signe de réussite pour un artisan. Au début de leur
carrière, la plupart vivaient et travaillaient dans la même pièce. Pouvoir
séparer les deux espaces, même dans le même immeuble, montrait qu'on avait «
monté » socialement.
Sa spécialité : sacs à main et manches de parapluie
Fernand se spécialise
dans deux produits :
Les sacs à main : Comme
on peut le voir sur les photographies de ses créations, Fernand maîtrise l'art
du sac structuré.
Les manches de parapluie en cuir : C'était un produit de luxe très demandé. Les photographies montrent trois styles différents de manches qu'il fabriquait : cuir uni avec surpiqûres blanches impeccables, cuir à motif grain de riz/tressé, et tissu à carreaux avec finitions cuir. Le travail est d'une finesse remarquable.
C'était malin de se spécialiser
dans les manches de parapluie car :
• C'était un produit qui s'usait et devait être remplacé
(clientèle récurrente)
• Une clientèle bourgeoise
fidèle
• Un travail précis qui
demandait un vrai savoir-faire
• Complémentaire avec la
maroquinerie (même matières premières)
Les parapluies à manche de cuir
ouvragé n'étaient pas de simples objets utilitaires, mais de véritables
accessoires de mode. Fernand était un artisan de luxe.
La collaboration avec Louis Vuitton
Fernand travaille pour Louis
Vuitton, l'une des maisons les plus prestigieuses de Paris. Louis Vuitton
sous-traitait certaines fabrications à des artisans maroquiniers parisiens
qualifiés. Être choisi par Louis Vuitton montrait que Fernand était reconnu pour
son savoir-faire exceptionnel. Il travaillait également pour Hermès
Cette collaboration lui
permettait aussi d'avoir un revenu stable, tout en gardant sa propre clientèle
pour ses créations personnelles.
4. La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
L'Occupation : une période difficile
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En 1940, Fernand a 47 ans. Il
habitait encore Gagny et avait son atelier au 93 rue Saint Martin.
Il s’est installé au
138 faubourg Saint-Martin avec son atelier au 5e étage et le logement familial
à au second étage.Les WC étaient à mi étage l’appartement avait une cuisine
sans fénêtre, une chambre et une salle à manger .
On entrait dans l’atelier dans
une pièce avec une cheminée en marbre, un local pour stocker les cuirs , et on
entrait dans l’atelier par une porte à droite , Au-dessus de la porte il y
avait des angelots sur une portée et Pépère disait : Do Dominique, Ré
Régine et Mi Micheline ( ses trois premiers petits enfants)
Suzanne ma grand-mère se tenait
près de la fenêtre la pince -béquille entre les jambes pour coudre en piqûre
sellier ‘( le point sellier, deux aiguilles qui se croisent dans le cuir épais.)
Au centre de la pièce il y
avait une longue table avec deux postes de travail .
La vie quotidienne devient extrêmement
difficile sous l'Occupation allemande.
Les difficultés pour les
artisans
• Restrictions de matières premières : Le cuir était
rationné et souvent réquisitionné par les Allemands
• Clientèle appauvrie : Les
Parisiens avaient beaucoup moins d'argent pour acheter des articles de luxe
• Activité diminuée : Fernand
continue de travailler mais à un rythme très réduit
La stratégie de survie
Selon le journal de l'exode de
sa femme Suzanne ma grand-mère, Fernand survit grâce à plusieurs sources de
revenus complémentaires :
1. Travail pour Louis
Vuitton, Hermès : Même pendant la guerre, il continue quelques commandes
pour ces maisons de luxe
2. Quelques clients
particuliers : Probablement des réparations et des articles essentiels
3. Le loyer d'une maison à
Gagny : Cette maison, héritée de sa mère Pauline Gacogne, lui fournit un
revenu stable en temps de crise. Gagny est une commune en proche banlieue est
de Paris. Cette propriété était une vraie bouée de sauvetage !
Cette diversification des
revenus était typique de la stratégie de survie pendant l'Occupation : garder
un pied dans le métier même au ralenti, et s'appuyer sur du patrimoine stable.
Le sac de 1942 : un chef-d'œuvre en temps de guerre
En 1942, malgré les restrictions et les difficultés, Fernand crée un magnifique sac à main pour les fiançailles de son fils Gilbert avec Léone sa future belle-fille. Ce sac est aujourd'hui conservé précieusement par la famille.
Description du sac
C'est un sac « docteur » (ou «
kiss-lock bag ») en cuir bordeaux/grenat, avec un fermoir métallique doré. La
forme est arrondie, structurée, très élégante – le style parfait pour une jeune
fiancée des années 1940.
Un kiss-lock bag (ou sac
à fermoir "baiser") est un sac dont le fermoir est composé de deux
boules métalliques qui s'emboîtent l'une dans l'autre en faisant un petit
"clic" – comme deux lèvres qui se touchent, d'où le nom !
Ce style de fermoir était
typique des sacs élégants de cette époque. Il fallait un vrai savoir-faire pour
monter le cuir sur ce type d'armature métallique – c'est d'ailleurs pour ça
qu'on l'appelle aussi "doctor bag" car les médecins
utilisaient ce même système de fermeture pour leurs trousses.
Le savoir-faire visible
• Les surpiqûres doubles
parfaitement régulières , les anses courtes cousues main avec précision
millimétrique souvent réalisées par ma grand-mère Suzanne ce sac tient debout
tout seul.
Un cadeau exceptionnel en
temps de guerre
En 1942, avec le cuir rationné
et réquisitionné, offrir un sac de cette qualité représentait un sacrifice
considérable. Fernand a probablement économisé du beau cuir bordeaux pendant
des mois pour pouvoir créer ce cadeau.
Le fermoir métallique doré
aussi devait être très difficile à trouver – tout le métal était réquisitionné
pour l'effort de guerre allemand.
Ce sac disait à sa belle-fille
: « Tu fais partie de la famille, et même en temps de guerre, tu mérites le
meilleur. »
Deux vies pour un sac
Le sac a eu deux vies :
1942-1955 : Maman l'a porté quotidiennement pendant une quinzaine d'années – ses sorties, ses courses, sa vie de jeune femme puis de jeune maman dans le Paris de l'après-guerre.
Photo prise peu de temps avant ma naissance (21 février 1945) d’où le Késako écrit par papa
Après 1955 : Elle l'a
précieusement conservé en y rangeant les papiers de famille. Le sac créé avec
amour est devenu le gardien des mémoires familiales.
Plus de 80 ans après sa
création, le sac est toujours intact, témoignant de la qualité exceptionnelle
du travail de Fernand. Le cuir a magnifiquement vieilli, prenant cette belle
patine qui raconte son histoire.
Conclusion : Un artisan, une époque
L'histoire de Fernand Gérard
est celle d'un homme ordinaire qui a vécu une époque extraordinaire. Apprenti
sous la Belle Époque, soldat de la Grande Guerre, artisan installé dans les
années 1920, témoin de la Seconde Guerre mondiale – il a traversé tous les
bouleversements du XXe siècle.
Son parcours illustre aussi la
résilience d'une génération : sept ans perdus sous les drapeaux, puis la
reconstruction d'une vie et d'un métier malgré les épreuves.
Les objets qu'il a créés –
particulièrement le sac de 1942 – sont bien plus que de simples articles de
maroquinerie. Ce sont des témoignages tangibles d'un savoir-faire, d'une
époque, et de l'amour qu'un artisan pouvait mettre dans son travail.
Aujourd'hui, plus de 50 ans
après sa mort (1970), Fernand vit encore à travers :
• Les photographies qui le montrent apprenti, soldat, artisan
dans son atelier
• Les documents militaires qui
attestent de son sacrifice pendant la Grande Guerre
• Le sac bordeaux qu'il a créé
en 1942, toujours intact après plus de 80 ans
• Les photographies de ses
manches de parapluie montrant son savoir-faire exceptionnel
• Les souvenir transmis à
travers les générations
L'histoire de Fernand nous
rappelle que derrière chaque objet artisanal se cache une vie, un savoir-faire
transmis de génération en génération, et une époque révolue qu'il est essentiel
de préserver et de transmettre.
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