mardi 18 août 2026

 

FERNAND GÉRARD

Maroquinier Parisien

(1893 - 1970)

Une vie entre artisanat et Histoire


 

Introduction

L'histoire de Fernand Gérard , mon grand-père est celle d'un artisan parisien qui a traversé les bouleversements du XXe siècle.

Né en 1891, il fit ses classes primaires dans l’école du centre de Gagny où sa mère était gardienne de l’école, Son père Frédé l’ayant abandonné pour vivre une vie de bohème au Lapin Agile à Montmartre.

Recensement de 1896 à l’école du centre 1 rue de Villemomble

. Il obtint son certificat d’étude en 1901 et bien que n’ayant que 10 ans il est dispensé du temps de scolarité obligatoire qui lui reste à passer. » et devient apprenti dès le « certif » en poche,

de 1901à 1906 les recensements nous apprennent qu’il est apprenti chez Frapech , menuisier à Gagny

 

Et en 1911 il est apprenti chez le maroquinier Schilovitch (ou Schilovitz), maroquinier à Paris, (maison de maroquinerie parisienne aujourd’hui disparue, active au début du XXᵉ siècle).

Son activité était typique des maisons artisanales parisiennes de maroquinerie de l’époque :  avec la fabriation de sacs, articles en cuir et petite maroquinerie qui travaillait souvent pour une clientèle bourgeoise ou des commerces parisiens, parfois sans grande notoriété publique durable.

 Très vite il est appelé sous les drapeaux, puis mobilisé et soldat pendant la Grande Guerre,

Il crée son atelier installé dans le quartier historique du faubourg Saint-Martin, puis témoin de la Seconde Guerre mondiale – son parcours reflète celui de toute une génération qui a connu à la fois la Belle Époque et les deux guerres mondiales.

À travers les photographies, documents militaires et objets qu'il a créés, j’ai pu retracer non seulement une vie, mais aussi l'évolution d'un métier et d'une époque.

1. L'apprentissage du métier (vers 1900-1911)

Le métier de maroquinier au tournant du siècle

Au début du XXe siècle, la maroquinerie connaît son véritable essor en tant qu'industrie à part entière. Le terme lui-même n'apparaît que vers 1835 avec la création du portefeuille. Avant cette période, la maroquinerie était surtout un complément de l'industrie du cuir, offrant de petits accessoires.

C'est à la fin du XIXe siècle que le métier se structure vraiment. Les grandes maisons de luxe comme Hermès (fondée en 1837), Louis Vuitton et Lancel voient le jour durant cette période. Le premier fabricant français d'objets de maroquinerie serait Simon Schloss, qui tenait une manufacture parisienne spécialisée dans les petits accessoires : porte-cigarettes, pochettes et porte-monnaie.

 

L'apprentissage de Fernand

 Comme le montre la photographie de groupe, Fernand fait son apprentissage dans un atelier parisien typique de l'époque. Sur cette photo, on distingue le patron, les ouvriers qualifiés et les apprentis, dont Fernand, debout avec sa blouse au second rang.

Cette image capture un moment de camaraderie dans le dur labeur quotidien de l'atelier.

L'apprentissage durait généralement 2 à 4 ans selon la complexité du métier. Les jeunes apprentis apprenaient :

• Le travail des différents cuirs (maroquin – peau de chèvre tannée, cuir de veau, de bœuf)

• Les techniques de coupe et de couture

• La fabrication de sacs, portefeuilles, ceintures, articles de voyage

• Les finitions et le travail des détails qui faisaient la différence entre un article ordinaire et un objet de luxe

À cette époque, contrairement à aujourd'hui, il n'y avait pas de diplôme obligatoire ni de CAP (qui n'existait pas encore). Le savoir-faire comptait plus que le papier. L'apprentissage se faisait « sur le tas », par transmission directe du maître à l'apprenti.

2. Sept ans sous les drapeaux (1911-1918)

Une génération sacrifiée


Les jeunes hommes de la photo d'apprentissage, pleins de vie et d'avenir, ne savaient pas encore ce qui les attendait. Comme des millions de Français de leur génération, ils allaient connaître près de sept ans d'interruption de leur vie civile :

• Le service militaire obligatoire (2 à 3 ans à l'époque)

• La Première Guerre mondiale (1914-1918, soit 4 années de guerre)

Pour Fernand, cela signifiait l'interruption de son apprentissage et le report de son installation comme artisan indépendant. Pour beaucoup de ses camarades de la photo, cela signifiait ne jamais revenir.

 

 

 

 

 

Le parcours militaire de Fernand

incorporé le 4 octobre 1911 au 146e Régiment d'Infanterie

Nommé caporal infirmier en 1916


 

Fernand est assis sur le banc , le troisième à partir de la droite , on voit qu’il est bien chevelu.

 

Fernand effectue son service militaire de 1911 à 1913. Lorsque la guerre éclate en août 1914, il est rappelé comme tous les réservistes. Le registre matricule indique qu'il « arrive au corps le 4 octobre 1914 et immatriculé sous le numéro congé d'illimité de démobilisation d'échelon le 28 juillet 1919 par le dépôt démobilisateur du 2e groupe d'artillerie à Paris ».

Affecté dans la réserve au 146e Régiment d'Infanterie

Le document précise qu'il a été « réformé temporairement par proposition pour une pension, invalidité inférieure à 30% par la 1re commission de réforme de la Seine du 1er septembre 1921 pour artériose du genou gauche, suite de traumatisme dans un match de foot-ball, pendant son séjour au front. Mise en sursis d'une affection pulmonaire. Examen des crachats négatifs ».

 

Blessé en 1918


Les certificats médicaux attestent d'une blessure contractée en 1918. On peut voir sur les photos de guerre Fernand en uniforme, d'abord au sein d'un groupe de soldats en 1915 (probablement dans un hôpital ou centre de convalescence, comme l'indiquent les brassards de la Croix-Rouge), puis seul en 1918.

Le document indique également : « Classé service armé et non proposé pour une pension d'invalidité inférieure à 10% par la 1re commission de réforme de la Seine du 11 novembre 1920 pour infirmité de l'articulation du genou gauche. Pas d'atrophie de la cuisse. Admis dans la réserve au 146e régiment d'infanterie affecté au dépôt du 146e Régiment d'Infanterie. »

il a alors rejoint ces hommes dont la mission n’était pas de combattre, mais de porter secours. Intégré pleinement au régiment, il partage les mêmes conditions de vie que les fantassins : les tranchées, le froid, la fatigue, l’attente et le danger constant.

Son rôle l’amène au plus près des combats. Infirmier ou brancardier, il prodigue les premiers soins, arrête les hémorragies, accompagne les blessés vers les postes de secours, souvent sous le feu ennemi. Il est témoin direct des souffrances et des pertes de ses camarades, affrontant chaque jour une charge physique et morale considérable.

 

Démobilisé en 1919 soit 7 ans sous les drapeaux

 

Croix de guerre étoile de bronze

 


 

 

Le 146ᵉ RI, régiment d’infanterie de ligne, a combattu sur plusieurs fronts majeurs (Artois, Champagne, Verdun, Somme…).
L’infirmier n’était pas à l’arrière : il vivait au même rythme que les fantassins, souvent à quelques mètres du combat.

Son quotidien ,

 

Le matin il est réveillé très tôt, souvent dans une tranchée, un abri creusé dans la terre ou une grange détruite, il Inspecte rapide les hommes, pour surveiller  : plaies mal cicatrisées, pieds gelés ou infectés (pied de tranchée) fièvres, diarrhées, épuisement

o    Il administre les soins ;  arrête les hémorragies, pose des pansements d’urgence, immobilise des fractures avec des moyens improvisés ; administre de la morphine quand il en a et rassure les blessés son rôle humain  est essentiel

o    Il travaille sans anesthésie, souvent dans la boue,  et dans l’obscurité

o   Puis il nettoyage sommaire des instruments (quand il y avait de l’eau), mais constate qu’il manque presque toujours des pansements, du désinfectant et surtout de la morphine

Lorsqu’il revient de la guerre, Fernand Gérard n’est plus tout à fait le même homme. Il est revenu chauve, transformation visible parmi tant d’autres, plus silencieuses, que la guerre impose à ceux qui y ont survécu. C’est sans doute pour cette raison qu’il est resté, dans le souvenir familial, presque toujours coiffé d’un béret, devenu une part de son image et de sa présence.

 

Aujourd’hui, le souvenir de Fernand Gérard demeure dans ces détails transmis de génération en génération : une chevelure bouclée avant le départ, un béret après le retour. Autant de signes discrets d’une vie traversée par l’Histoire.


 


Décoration





 

Se reconstruire : mariage en temps de guerre

Malgré la guerre qui fait rage, Fernand épouse Suzanne Hubert le 21 octobre 1916. Ce mariage en pleine guerre témoigne d'une volonté de vivre et de construire malgré l'horreur du conflit.

Le couple aura trois enfants :

• Lucienne (1917-1963) – née pendant la guerre, alors que Fernand est encore au front

• Gilbert (1919-1994) – né juste après l'armistice

• Jocelyne (1932-) – née bien après, toujours en vie aujourd'hui

3. L'installation comme artisan (années 1920)

Le retour à la vie civile

Après la démobilisation en 1919, Fernand doit reconstruire sa vie. Comme beaucoup d'anciens combattants, il reprend son métier d'avant-guerre. Mais il a perdu sept années précieuses – sept années pendant lesquelles il aurait pu se perfectionner, économiser, se constituer une clientèle.

Il a aussi une famille à nourrir : Suzanne, Lucienne (2 ans) et le petit Gilbert (nouveau-né). L'urgence est de gagner sa vie.


 

Le faubourg Saint-Martin : quartier des artisans du cuir

Fernand choisit de s'installer dans le faubourg Saint-Martin, 10e arrondissement de Paris. Ce n'est pas un hasard : c'est LE quartier historique des artisans du cuir et de la maroquinerie.

Un territoire artisanal depuis le Moyen Âge

Dès le Moyen Âge, ces faubourgs étaient habités par des artisans et commerçants. Au XIXe siècle, le faubourg Saint-Martin était un territoire en plein essor avec le développement de l'industrie et de l'artisanat. Le quartier se spécialise dans la fabrication de « l'article de Paris » qui cherche à mettre le luxe à portée de tous.

Une concentration d'artisans du cuir

Le boulevard de Strasbourg et le secteur comptaient de nombreux fourreurs et artisans du cuir jusqu'aux années 1960. Toute une communauté professionnelle se côtoyait. Dans les cours et ateliers du quartier, on trouvait des grossistes en cuir comme Chadefaux installé rue Taylor en 1921, spécialisé dans la vente de peaux de moutons et chèvres puis de cuir de vache pour l'artisanat.

Fernand avait donc ses fournisseurs à deux pas de son atelier !

 

Un quartier accessible pour un jeune artisan

Ce n'était pas un quartier bourgeois cher, mais un quartier ouvrier et commerçant. C'était abordable pour un jeune artisan qui démarrait avec un capital limité. Comme le disait un témoin de l'époque : « C'était un village avec ses grossistes, imprimeurs, maroquiniers, garages... On se connaissait tous. »


Une rue commerçante animée

La rue du Faubourg Saint-Martin est une rue commerçante animée de près de 2 kilomètres reliant le Canal Saint-Martin à la Gare de l'Est. Beaucoup de passage signifiait beaucoup de clients potentiels pour un artisan maroquinier.

 

 

 

Les deux adresses professionnelles de Fernand

93 faubourg Saint-Martin → Son premier atelier

138 faubourg Saint-Martin → Son deuxième atelier (plus au nord, vers la Gare de l'Est)

Le fait qu'il ait déménagé du n°93 au n°138 suggère probablement une réussite professionnelle : besoin d'un plus grand atelier, ou d'un meilleur emplacement commercial. Le 138 avait l'avantage particulier d'offrir deux espaces distincts : le 5e étage servait d'atelier, tandis qu'un autre étage servait de logement familial. C’est à cette époque qu’il quitte Gagny

Cette séparation entre atelier et logement était un signe de réussite pour un artisan. Au début de leur carrière, la plupart vivaient et travaillaient dans la même pièce. Pouvoir séparer les deux espaces, même dans le même immeuble, montrait qu'on avait « monté » socialement.

Sa spécialité : sacs à main et manches de parapluie

Fernand se spécialise dans deux produits :

 

Les sacs à main : Comme on peut le voir sur les photographies de ses créations, Fernand maîtrise l'art du sac structuré.

 


 

 

 


Les manches de parapluie en cuir : C'était un produit de luxe très demandé. Les photographies montrent trois styles différents de manches qu'il fabriquait : cuir uni avec surpiqûres blanches impeccables, cuir à motif grain de riz/tressé, et tissu à carreaux avec finitions cuir. Le travail est d'une finesse remarquable.

 

C'était malin de se spécialiser dans les manches de parapluie car :

• C'était un produit qui s'usait et devait être remplacé (clientèle récurrente)

• Une clientèle bourgeoise fidèle

• Un travail précis qui demandait un vrai savoir-faire

• Complémentaire avec la maroquinerie (même matières premières)

Les parapluies à manche de cuir ouvragé n'étaient pas de simples objets utilitaires, mais de véritables accessoires de mode. Fernand était un artisan de luxe.

La collaboration avec Louis Vuitton

Fernand travaille pour Louis Vuitton, l'une des maisons les plus prestigieuses de Paris. Louis Vuitton sous-traitait certaines fabrications à des artisans maroquiniers parisiens qualifiés. Être choisi par Louis Vuitton montrait que Fernand était reconnu pour son savoir-faire exceptionnel. Il travaillait également pour Hermès

Cette collaboration lui permettait aussi d'avoir un revenu stable, tout en gardant sa propre clientèle pour ses créations personnelles.

4. La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

L'Occupation : une période difficile


Réquisition


 

En 1940, Fernand a 47 ans. Il habitait encore Gagny et avait son atelier au 93 rue Saint Martin.



Il s’est installé au 138 faubourg Saint-Martin avec son atelier au 5e étage et le logement familial à au second étage.Les WC étaient à mi étage l’appartement avait une cuisine sans fénêtre, une chambre et une salle à manger .

On entrait dans l’atelier dans une pièce avec une cheminée en marbre, un local pour stocker les cuirs , et on entrait dans l’atelier par une porte à droite , Au-dessus de la porte il y avait des angelots sur une portée et Pépère disait : Do Dominique, Ré Régine et Mi Micheline ( ses trois premiers petits enfants)

Suzanne ma grand-mère se tenait près de la fenêtre la pince -béquille entre les jambes pour coudre en piqûre sellier ‘( le point sellier, deux aiguilles qui se croisent dans le cuir épais.)

 

Au centre de la pièce il y avait une longue table avec deux postes de travail .


 La vie quotidienne devient extrêmement difficile sous l'Occupation allemande.

 

 

Les difficultés pour les artisans

• Restrictions de matières premières : Le cuir était rationné et souvent réquisitionné par les Allemands

• Clientèle appauvrie : Les Parisiens avaient beaucoup moins d'argent pour acheter des articles de luxe

• Activité diminuée : Fernand continue de travailler mais à un rythme très réduit

 

 

 

La stratégie de survie

Selon le journal de l'exode de sa femme Suzanne ma grand-mère, Fernand survit grâce à plusieurs sources de revenus complémentaires :

1. Travail pour Louis Vuitton, Hermès : Même pendant la guerre, il continue quelques commandes pour ces maisons de luxe

2. Quelques clients particuliers : Probablement des réparations et des articles essentiels

3. Le loyer d'une maison à Gagny : Cette maison, héritée de sa mère Pauline Gacogne, lui fournit un revenu stable en temps de crise. Gagny est une commune en proche banlieue est de Paris. Cette propriété était une vraie bouée de sauvetage !

Cette diversification des revenus était typique de la stratégie de survie pendant l'Occupation : garder un pied dans le métier même au ralenti, et s'appuyer sur du patrimoine stable.

Le sac de 1942 : un chef-d'œuvre en temps de guerre


En 1942, malgré les restrictions et les difficultés, Fernand crée un magnifique sac à main pour les fiançailles de son fils Gilbert avec Léone sa future belle-fille. Ce sac est aujourd'hui conservé précieusement par la famille.

Description du sac

C'est un sac « docteur » (ou « kiss-lock bag ») en cuir bordeaux/grenat, avec un fermoir métallique doré. La forme est arrondie, structurée, très élégante – le style parfait pour une jeune fiancée des années 1940.

Un kiss-lock bag (ou sac à fermoir "baiser") est un sac dont le fermoir est composé de deux boules métalliques qui s'emboîtent l'une dans l'autre en faisant un petit "clic" – comme deux lèvres qui se touchent, d'où le nom !

Ce style de fermoir était typique des sacs élégants de cette époque. Il fallait un vrai savoir-faire pour monter le cuir sur ce type d'armature métallique – c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'appelle aussi "doctor bag" car les médecins utilisaient ce même système de fermeture pour leurs trousses.

Le savoir-faire visible

• Les surpiqûres doubles parfaitement régulières , les anses courtes cousues main avec précision millimétrique souvent réalisées par ma grand-mère Suzanne ce sac tient debout tout seul.

Un cadeau exceptionnel en temps de guerre

En 1942, avec le cuir rationné et réquisitionné, offrir un sac de cette qualité représentait un sacrifice considérable. Fernand a probablement économisé du beau cuir bordeaux pendant des mois pour pouvoir créer ce cadeau.

Le fermoir métallique doré aussi devait être très difficile à trouver – tout le métal était réquisitionné pour l'effort de guerre allemand.

Ce sac disait à sa belle-fille : « Tu fais partie de la famille, et même en temps de guerre, tu mérites le meilleur. »

Deux vies pour un sac

Le sac a eu deux vies :

1942-1955 : Maman l'a porté quotidiennement pendant une quinzaine d'années – ses sorties, ses courses, sa vie de jeune femme puis de jeune maman dans le Paris de l'après-guerre.

Photo prise peu de temps avant ma naissance (21 février 1945) d’où le Késako écrit par papa



Après 1955 : Elle l'a précieusement conservé en y rangeant les papiers de famille. Le sac créé avec amour est devenu le gardien des mémoires familiales.

Plus de 80 ans après sa création, le sac est toujours intact, témoignant de la qualité exceptionnelle du travail de Fernand. Le cuir a magnifiquement vieilli, prenant cette belle patine qui raconte son histoire.

Conclusion : Un artisan, une époque

L'histoire de Fernand Gérard est celle d'un homme ordinaire qui a vécu une époque extraordinaire. Apprenti sous la Belle Époque, soldat de la Grande Guerre, artisan installé dans les années 1920, témoin de la Seconde Guerre mondiale – il a traversé tous les bouleversements du XXe siècle.

Son parcours illustre aussi la résilience d'une génération : sept ans perdus sous les drapeaux, puis la reconstruction d'une vie et d'un métier malgré les épreuves.

Les objets qu'il a créés – particulièrement le sac de 1942 – sont bien plus que de simples articles de maroquinerie. Ce sont des témoignages tangibles d'un savoir-faire, d'une époque, et de l'amour qu'un artisan pouvait mettre dans son travail.

Aujourd'hui, plus de 50 ans après sa mort (1970), Fernand vit encore à travers :

• Les photographies qui le montrent apprenti, soldat, artisan dans son atelier

• Les documents militaires qui attestent de son sacrifice pendant la Grande Guerre

• Le sac bordeaux qu'il a créé en 1942, toujours intact après plus de 80 ans

• Les photographies de ses manches de parapluie montrant son savoir-faire exceptionnel

• Les souvenir transmis à travers les générations

L'histoire de Fernand nous rappelle que derrière chaque objet artisanal se cache une vie, un savoir-faire transmis de génération en génération, et une époque révolue qu'il est essentiel de préserver et de transmettre.

✦ ✦ ✦

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire